Le Père Noël est une ordure… Mais pas nos objets numériques !

Tribune originellement publiée dans le numéro de décembre 2022 du magazine Nantes Passion

Par Louise Vialard et Mahel Coppey

Le numérique est omniprésent dans nos vies. 35% des Français souhaitent d’ailleurs voir un ordinateur, une enceinte connectée ou un smartphone sous le sapin. Mais vous êtes vous déjà demandé quel pouvait être l’impact de cette course aux produits connectés toujours plus récents, toujours plus perfectionnés ? 

Les objets numériques nous rendent la vie plus simple, ils nous permettent d’être connectés au monde et à nos proches en permanence, de nous informer et de travailler. Mais pour les produire, des milliers de tonnes de matières premières sont nécessaires. Parmi elles, des métaux dont l’extraction est coûteuse pour l’environnement : impacts sur les sols, l’eau, la biodiversité… Mais aussi souvent, comme c’est le cas pour le Cobalt en République Démocratique du Congo, pour les populations confrontées à l’exploitation, à la corruption et aux conflits. Sans oublier que ces ressources ne seront pas disponibles indéfiniment… 

Nous changeons en moyenne de téléphone tous les 2,5 ans. Remplacer nos appareils par des modèles moins énergivores ou couper le wifi la nuit ne suffira pas. Chaque nouvel objet correspond à de nouveaux usages qui viennent alourdir la facture. Il est urgent de ralentir : interrogeons notre rapport au numérique et questionnons notre envie de nouveauté. 

Lorsque l’achat se révèle nécessaire, après plusieurs années d’utilisation, des solutions existent pour réduire l’empreinte de cet achat. Puisque 78% de l’impact environnemental du numérique est lié à l’étape de fabrication, se tourner vers le marché du reconditionnement est une réponse efficace, à moindre coût et avec des produits aux performances équivalentes. A Nantes Métropole, nous œuvrons à structurer une filière locale de réparation, réemploi, recyclage et réduction des déchets du numérique, pour trouver un débouché aux appareils dormant dans les placards des habitant.e.s et des entreprises nantaises. Elle vise aussi à permettre à chacun.e de se fournir facilement en équipements reconditionnés ou de faire réparer ses appareils dans son quartier pour rallonger leur durée de vie. Beaucoup d’acteurs locaux et issus de l’ESS existent déjà et permettent d’acheter des produits plus vertueux à noël et de réparer toute l’année. Car ne l’oublions pas, si le marché du reconditionnement est plus vertueux que le neuf, il l’est d’autant plus s’il est local et qu’il participe à la création d’emplois solidaires en insertion.