Accueil Actualités Réfection d’un terrain gazonné synthétique de football : intervention de Catherine Bassani-Pillot pour le groupe des élu(e)s écologistes et citoyens

Réfection d’un terrain gazonné synthétique de football : intervention de Catherine Bassani-Pillot pour le groupe des élu(e)s écologistes et citoyens

Madame le maire, cher(e)s collègues,

 

J’interviens au nom du groupe des élus écologistes et citoyens.

Nous rejoignons notre collègue Ali Rebouh sur l’importance d’avoir des équipements sportifs de proximité dans tous les quartiers. Nous sommes également favorables aux équipements de pratique sportive libre, car nous savons que la sédentarité est l'une des premières causes de maladies en France : en effet, moins d'1/3 des Français ont une activité physique suffisante. C’est pourquoi nous encourageons tous les publics et en particulier les jeunes à bouger !

 

Nous voterons donc en faveur de cette délibération.

 

Toutefois, notre rôle dans cette enceinte est aussi de prévenir et de veiller à la santé de tous les habitants, en lien avec leur environnement.

A ce titre, nous alertons à nouveau sur les dangers des terrains de sport synthétiques.

Il s'agit pour la plupart de terrains datant de 1999 avec une norme mise à jour en 2008, donc pas récente ! Les derniers équipements de 3e ou 4e génération, sont toujours constitués de résidus de pneus recyclés et non traités. Autant dire qu'en matière de recyclage, on a connu plus vertueux !

 

Des études nord-américaines confirment nos inquiétudes. Un équipement neuf a été démonté à New York en 2011, sur décision du maire, et remplacé par du gazon naturel, parce que des plaintes pour blessures et malaises avaient été déposées par des pratiquants... A noter que la ligue 1 de football demande l'interdiction du synthétique.

Par ailleurs, l’entretien de ces surfaces artificielles est effectué avec des produits nocifs pour la santé comme les fongicides et les désinfectants, ce qui contrevient à la démarche zéro-phyto que nous nous efforçons de respecter dans les espaces verts publics. Rappelons nous, avec les récentes alertes sur la pollution de l’air, que seule la végétation naturelle présente la vertu irremplaçable qui est de capter cette pollution ! Soyons cohérents avec notre volonté de promouvoir la « nature en ville »...

 

Après ces rappels, nous voulons aussi proposer des alternatives. Voici donc trois propositions :

- tout d’abord, accentuer la collaboration entre les services des sports et de la santé pour proposer des solutions innovantes. Dans un autre registre, le service des sports et la commande publique ont bien travaillé ensemble pour obtenir des ballons équitables au mondial de handball ;

- ensuite, solliciter nos entreprises, interpeller nos start-up et les acteurs économiques pour inventer des surfaces plus saines ;

- enfin, interpeller le ministère des sports et financer une recherche sur le sujet, à notre échelle ou en mobilisant le réseau français des villes santé ; Les sols pollués des jardins familiaux ont récemment fait l'objet d'une analyse par l'université en lien avec l'école des Mines et suivie par notre collègue Pierre-Yves Le Brun. Nous pourrions y associer l'Agence Régionale de Santé.

 

Notre souhait, et nous savons que vous le partagez, ce sont des équipements de qualité dans les quartiers pour concilier la pratique des clubs et la santé de tous ! Comme le préconise l'Organisation Mondiale de la Santé, nous devons considérer la santé comme un indicateur de réussite dans toutes les politiques publiques : la bonne santé des habitants est la preuve de la prise en compte de l'intérêt général par la collectivité.

Nantes reste exemplaire au niveau national pour sa politique volontariste en matière de santé environnementale, continuons sur cette voie pour réduire les inégalités sociales, car malgré nos efforts, ce sont toujours les populations les plus défavorisées qui sont le plus exposées à la dégradation de leur environnement de vie.

 

Je vous invite à lire la chronique du jour dans Alternatives Economiques : « l'écologie ça commence à faire du bien ». Elle dit que c'est la non écologie qui est punitive car elle se traduit par des inégalités de santé.

Merci pour votre attention.

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