Projet de loi pouvoir d’achat : des mesures à contre-courant des besoins écologiques et sociaux
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C’est l’un des premiers textes adoptés par l’Assemblée Nationale et déjà une première déception : le projet de loi pour le pouvoir d’achat est décevant sur le plan social et va à l’encontre de l’urgence climatique. Relance du charbon, rien ou presque sur la sobriété et la rénovation, de trop faibles mesures pour les plus précaires… ce projet de loi ne nous permet de faire face ni à la crise sociale que nous vivons, ni à la crise énergétique majeure qui va s’amplifier dans les mois à venir.  Il marque de fait le refus du Gouvernement de travailler avec les propositions nécessaires de la NUPES. 

“Alors que l’on parle de potentielles pénuries énergétiques, le Gouvernement propose des mesurettes totalement décalées. Face à une plaie béante, il propose un simple pansement. Les amendements des écologistes permettaient d’engager la transition du territoire et de lutter contre la précarité, en accélérant par exemple la rénovation énergétique, sans reste à charge pour les ménages, ou en taxant les multinationales pour financer le besoin grandissant de services publics. Au lieu de cela, le Gouvernement s’entête à financer les énergies fossiles au fur et à mesure des crises et nous recommande d’éteindre le wifi en partant en vacances.” 

Tristan Riom, Vice-Président de Nantes Métropole en charge du climat et des transitions énergétiques  

“Face à la pandémie, le Gouvernement a su écouter l’expertise scientifique. Mais quand  depuis plus de 30 ans les experts s’accordent pour pointer les impacts sociaux et environnementaux du dérèglement climatique, il choisit la sourde oreille et l’inaction coupable. Nous devons tout mettre en œuvre pour soulager les dépenses des plus précaires et limiter notre dépendance aux énergies fossiles. Les solutions sont à portée de main, il faut des mesures d’ampleur, structurelles, pour garantir un avenir soutenable. L’alarme ne cesse de retentir, écoutons-là !” 

Hélène Naulin, Adjointe à la Maire en charge de la prospective et de la résilience

Même si nous regrettons que peu d’amendements proposés par la NUPES aient été adoptés, nous tenons tout de même à souligner l’un d’eux : l’augmentation du RSA et du point d’indice des fonctionnaires – dont nous nous réjouissons – ne devait initialement reposer que sur les collectivités territoriales, sacrifiant ainsi notre capacité à agir et à maintenir des services publics essentiels. Les députés ont fort heureusement obtenu que cette mesure soit assortie d’une augmentation de la dotation de l’Etat. Les écologistes se réjouissent également de l’adoption de la déconjugalisation de l’AAH, que nous appelions de nos vœux pour corriger une injustice intolérable. 

À Nantes, nous préparons l’avenir avec une politique volontariste d’aides à la rénovation, les réseaux de chaleur, le développement des transports en commun et des mobilités actives, la relocalisation et l’accessibilité de la production alimentaire, etc. Les collectivités locales sont présentes auprès des citoyen.ne.s pour faire face à la crise au quotidien, mais nous avons besoin de mesures d’urgence, ambitieuses et structurelles de la part de l’Etat. La loi pouvoir d’achat devait fixer un cadre collectif, mais nous devrons à nouveau nous contenter de mesures inefficaces, qui constitueront un frein à l’action locale et qu’il va nous falloir dépasser.