Accueil Actualités Migrants : chaque semaine l’inacceptable se produit à Nantes, des mesures d’urgence dès maintenant pour que plus personne ne passe une journée sans toit et sans manger – Intervention de Julie Laernoes

Migrants : chaque semaine l’inacceptable se produit à Nantes, des mesures d’urgence dès maintenant pour que plus personne ne passe une journée sans toit et sans manger – Intervention de Julie Laernoes

La présentation du compte administratif est donc le moment de faire le point sur l’année écoulée.

A la lecture des nombreux chiffres issus du rapport financier, j’en citerai 2 qui attestent de la bonne santé financière de notre ville, malgré une nouvelle baisse en 2017 des dotations de l’État :

  1. tout d’abord la capacité de désendettement qui est passée de plus de 5 ans en 2014 à 3,4 ans fin 2017 ;

  2. ensuite une épargne brute qui atteint son niveau le plus élevé depuis 2011.

Cette bonne santé financière nous permet d’assurer le financement de politiques publiques, dont Pascal Bolo a rappelé l’ambition et la diversité dans son diaporama et nous le verrons tout au long de ce conseil: nouvelles écoles, transition énergétique, entretien durable du patrimoine, cohésion sociale et solidarités… Ainsi nous pouvons répondre à notre échelle collectivement aux enjeux des transitions écologique, économique, démographique et démocratique.

Permettez-moi mes cher-e-s collègues avant de céder la parole aux traditionnelles joutes entre M. Bolo et M. Renaume d’un mot sur l’inquiétant contexte national. Car ce CA qui retrace l’année passée, n’est pas encore pleinement impacté par les lourdes coupes et report de responsabilité de l’Etat sur les collectivités.

  • la loi ELAN : mes collègues auront l’occasion d’y revenir à l’occasion du PLH,

  • la mise sous tutelle des collectivités avec la contractualisation avec l’Etat qui porte mal son nom,

  • L’accueil indigne que notre Etat réserve aux migrants

Car cette semaine mes chers collègues, le Président Macron s’est vu offrir par le Pape François, le médaillon de Saint-Martin : ce légionnaire romain qui coupe son manteau en 2 pour en donner la moitié à un pauvre. Un symbole d’altruisme et de solidarité avec les plus faibles qui devrait secouer le Président des riches et infléchir aussi bien ses paroles et surtout ses actes. Une accolade avec le pape n'exonère pas le président Macron de ses responsabilités.

Comment peut-on prétendre incarner la modernité et vouloir relancer le projet européen lorsqu’on s’aligne sur les propos du Premier Ministre italien ?

Comment dans un pays qui se veut moteur de la reconstruction européenne peut-on laisser des personnes sans toit, sans nourriture dans la rue ?

Nous avons adopté en ce début de conseil un vœu sur ce sujet. Et vous le savez Madame la Maire, nous avons eu l’occasion de vous le dire. Nous sommes partie prenante et nous serons toujours à vos côtés lorsqu’il s’agira d’agir contre l’insupportable. Mais le vœu que nous venons de voter doit s’accompagner de mesures d’urgence dès demain.

Les collectifs, associations et syndicats interpellent les pouvoirs publics sur l’urgence alimentaire, sanitaire et d’hébergement, pour que « plus personne ne passe une journée sans toit et sans manger à Nantes », la semaine dernière avant le conseil métropolitain, hier matin devant la Préfecture où nous étions un certain nombre à être présents (Marie Annick Benâtre, Gérard Allard), ce matin devant la Mairie…

Chaque semaine l’inacceptable se produit à Nantes : l’expulsion de la Persagotière ce jeudi, Cap 44 la semaine dernière. Des êtres humains se retrouvent à la rue, l’indignité pour Nantes qui s’affiche square Daviais. Une déchirure pour Nantes avec toutes les dérives possibles.

La générosité des Nantais est au rendez-vous. Citoyens et associations se relaient : 450 repas servis au Logis Saint-Jean ce mercredi, 250 au square Daviais… Mais malgré cette mobilisation exceptionnelle et les soutiens de la Ville, les associations et collectifs n’en peuvent plus. Ils ne baissent pas les bras, mais ils ont besoin de moyens. C’est près de 1000 repas qu’il faudrait servir chaque jour à Nantes.

Mettons leur au moins des cuisines à disposition afin de pouvoir préparer des repas. Aidons-les à organiser la réception de dons de nourriture, de matériel, afin que chaque nantais et nantaise qui le souhaite puisse participer à cet élan de solidarité collective.

Car oui la Préfecture ne répond pas…

Mais les migrants sont là. Ils ont faim, ils n’ont pas d’endroit pour dormir…

On peut leur dit que c’est compliqué, que oui, c’est injuste mais qu’on attend Macron et Colomb pour le secourir ? Ce n’est pas notre choix.

Aussi amplifions notre action comme nous avons commencé à le faire aux côtés des associations, des Nantais et des Nantaises et envoyons la facture à l’Etat.

Si l’Etat n’agit pas nous ne pouvons pas nous résigner face à cette situation indigne et d’une grande violence. C’est la raison pour laquelle la semaine dernière nous avons intégré le réseau des villes accueillantes lors de la rencontre de Grenoble. Un réseau qui vise à rassembler les villes qui agissent qui ne se résignent pas. Un réseau qui entend peser sur l’irresponsabilité des actes d’Emmanuel Macron et de Gérard Collomb.

Je vous invite donc mes chers collègues à créer une concorde nantaise où nous soyons dans une action collective et sans calcul, face à l'urgence qui peuple nos rues, avant qu'elle ne nous crève les yeux ! Et à signer le Manifeste de la Convention nationale portant sur « l’Accueil et les Migrations » qui a l’ambition de réunir les acteurs engagés sur les questions de l’accueil des exilés https://convention-accueil-grande-synthe.fr/index.php/le-live-et-le-manifeste/

Et comme nous l’avons dit au conseil métropolitain la semaine dernière : « Il nous faudra aussi construire avec les citoyens et acteurs mobilisés un plan d'accueil digne au niveau métropolitain en impliquant l’État dont c'est la compétence. » A ce titre, vous avez invité les maires des communes de la Métropole à se réunir. Qu’en est-il ?

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