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Terrains synthétiques : appliquons le principe de précaution

Un article du magazine "So foot" paru le jeudi 9 novembre, repris par la presse et sur les réseaux sociaux, a mis en avant les risques de santé encourus par les sportifs évoluant sur des gazons synthétiques.

 

Les élus écologistes et citoyens alertent depuis 3 ans sur ces risques potentiels, en se basant sur plusieurs études publiques.

 

Pour Catherine Bassani-Pillot, conseillère municipale déléguée à la santé environnementale, « la ville de Nantes mène une politique volontariste sur les risques sanitaires liés à l'environnement . La santé et particulièrement celle des populations les plus fragiles, doit être notre priorité. Le principe de précaution doit donc s'appliquer dans ce dossier, comme cela avait été fait par la ville de Nantes en 2009 avec l'interdiction des biberons contenant du Bisphénol A. »

 

C’est pourquoi nous demandons une évaluation des plans "Cité-Foot" de la ville de Nantes, qui avaient permis la création de plusieurs terrains en gazons synthétiques.

 

Nous nous opposerons à toute nouvelle création ou réfection tant qu'une analyse coûts-bénéfices-risques ne démontrera pas l'absence de risque pour la santé des pratiquants, au regard de l'ensemble des coûts engendrés (fabrication, entretien, réfection).

 

Pour les élus écologistes et citoyens, l'attention doit être portée sur les pratiques sportives des habitants dans les quartiers. Les sportifs de haut niveau s'opposent à la pratique de leur sport sur des terrains synthétiques, il ne doit pas y avoir "deux poids, deux mesures".

 

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Intervention de CatherineBassani-Pillot

Conseil municipal de Nantes

3 février 2017

 

 

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So Foot - 20 novembre 2017

 

Interview de Catherine Bassani-Pillot

 

Depuis quand avez-vous commencé à alerter sur le sujet des terrains synthétiques ?

D'abord, en tant que citoyenne et maman d'un petit garçon qui fait du foot, je me posais des questions. Et il y a trois ans, au début de mon mandat en tant qu'élue déléguée à la santé environnementale, j'ai essayé de creuser au maximum pour répondre aux pratiquants, aux présidents de club ou aux parents qui se posaient des questions. J'ai constitué un petit dossier et j'ai compris que ces terrains venaient d'industriels du pneu et de la chimie qui voulaient recycler leurs produits. J'ai lu beaucoup de choses négatives en matière de santé et d'environnement et j'ai lu aussi que les sportifs de haut niveau n'en voulaient pas. Alors j'ai essayé d'alerter à mon niveau.

Avez-vous été prise au sérieux ? Françoise Cartron, sénatrice de la Gironde et vice-présidente du Sénat, explique qu'elle n'a recueilli « que de l'indifférence » quand elle a abordé le sujet ces dernières années.

J'ai été écoutée, oui, mais on m'a fait valoir les bénéfices de ces terrains. C'est vrai, le gros avantage de ces terrains, c'est qu'on peut les utiliser tout le temps, alors qu'un terrain naturel a besoin de temps de repos. C'est pour ça qu'il y a une si forte demande. Mais certains arguments doivent être vérifiés. Par exemple, on nous dit souvent que ces terrains sont moins coûteux, mais quand j'ai regardé le sujet de près, j'ai constaté que ces terrains s'usent rapidement et qu'il y a pas mal de frais d'entretien qui ne sont pas comptés dans le calcul.

Comment expliquez-vous le silence sur le sujet en France, alors que d'autres pays sont très mobilisés, notamment les Pays-Bas et les États-Unis ?

Je pense qu'il y a eu un gros travail de séduction des vendeurs de terrains auprès des collectivités, des présidents de club, pour dire qu'il fallait des terrains comme ça, que c'est la modernité, que ça allait résoudre plein de problèmes. Ce sont des sociétés commerciales, ce n'est pas condamnable en soi bien sûr. Mais cela a aidé tout le monde à ne pas trop se poser de questions et maintenant, il y a plein de terrains synthétiques en France. Il faut se demander ce qu'on peut faire. Nous sommes plusieurs élus locaux à s'être mobilisés ces dernières semaines (à Nantes donc, mais aussi à Poitiers, Paris, et en Seine-Saint-Denis, ndlr), nous avons demandé au ministère qu'une étude indépendante soit réalisée. Nous n'avons pas de réponse pour le moment.

Qu'allez-vous faire maintenant dans votre commune ?

On sait que la sédentarité est un problème dans notre pays et il faut inviter à développer les pratiques sportives. Je baigne dans le sport depuis toujours, c'est familial, on s'interroge toujours sur le côté bénéfique du sport et dans quelles conditions le sport n'apporte pas aussi certains dangers. Il faut des installations de qualité. Sur les terrains synthétiques, on lit de plus en plus d'articles et d'études qui montrent des risques, il faut donc que le principe de précaution s'applique. Et je dois trouver des solutions pour faire appliquer ce principe de précaution. La première chose à faire, c'est une étude scientifique indépendante au niveau national et une analyse sérieuse bénéfices/risques au niveau local. Ensuite, le groupe écologiste à Nantes a annoncé qu'il ne votera pas de budget de rénovation ou de construction de synthétique tant qu'on n'aura pas ces études en main.

Cela peut faire bouger les lignes ?

Nous savons bien que nous sommes minoritaires au sein de la majorité et que notre vote ne suffit pas. La troisième mesure, c'est d'informer les gens des risques, sans faire peur, mais en donnant tous les éléments. J'aime bien la comparaison suivante : sur les paquets de cigarettes, il est écrit «  fumer tue  » . Tout est là, ensuite, c'est aux gens de choisir. Il faut faire pareil sur les terrains synthétiques.

Vous voulez écrire «  le synthétique pourrait donner le cancer  » sur les terrains ?

Non, mais on pourrait afficher des recommandations dans les vestiaires, inviter à porter des manches longues, à se débarrasser sur le terrain des billes pour ne pas les amener à la maison et pour ne pas qu'elles finissent dans les eaux usées. On pourrait aussi communiquer dans les journaux ou dans des plaquettes municipales. J'ai fait cette proposition, nous allons y travailler dans les semaines qui viennent. Il faut l'admettre, on ne peut pas imaginer que l'on va démonter tous les terrains synthétiques du jour au lendemain. Dans l'idéal, je l'espère, on va informer tout le monde et on remplacera ensuite progressivement ces terrains par des alternatives plus respectueuses pour la santé et pour l'environnement.

Source : Magazine So Foot

 

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20 minutes - 17 novembre 2017

On fait quoi si nos terrains synthétiques

sont cancérogènes ?

 

Panique sur la ville. Dans son numéro de novembre, le magazine So Foot publie une excellente enquête sur les terrains synthétiques : les  granulés noirs, fruits de la décomposition des cadavres d’environ 23.000 pneus, contiendraient 190 substances cancérogènes. L’enquête s’appuie sur une étrange coïncidence – des gardiennes de but américaines souffrant de lymphomes non hodgkinien – ainsi que des recherches effectuées aux Pays-Bas ou encore aux Etats-Unis, où ont été menées plusieurs class actions contre des fabricants de pelouse artificielle.

En France, on revendique ça et là la paternité de la croisade contre ce qu’il est coutume d’appeler « les synthés ». Françoise Cartron, sénatrice de la Gironde et vice-présidente du Sénat : « Ces trois dernières années, quand j'en parlais autour de moi à des élus, je ne recueillais que de l'indifférence ». Le discours est le même chez Catherine Bassani-Pillot, élue municipale EELV à Nantes. 

« Le fait que cette information paraisse dans un magazine populaire alors que cela fait plusieurs années que l’on en parle, forcément ça interpelle. Mais c’est comme ça. Maintenant, il faut se dire «qu’est-ce qu’on fait» ? »


Qu'est-ce qu'on fait, oui? Pour le moment, on attend... une réponse de la ministre des Sports, Laura Flessel, interpellée par la vice-présidente du Sénat dans une question à paraître vendredi dans le journal officiel et dont le but est d'obliger l'ancienne médaillée olympique à prendre position « sur cette problématique de possible grande ampleur ».

Puis à lancer des recherches poussées pour confirmer ou balayer les inquiétudes soulevées par l'enquête de So Foot. « Il faut que l'on s'empare de ce sujet et qu'une étude scientifique soit faite pour connaître la dangerosité potentielle d'usage », insiste Françoise Cartron.

A partir de là, trois options existent:

  • Soit les terrains synthétiques de deuxième génération s'avèrent inoffensifs et, youpi, on continue à poser des tapis artificiels aux quatre coins du pays.
  • Soit les études laissent planer le doute sans toutefois réussir à affirmer à 100% que jouer sur ces terrains est cancérogène.
  • Soit les études confirment le risque sanitaire et c'est la grosse cata.

« S'il n'y a ne serait-ce qu'un doute je demanderais une mission parlementaire et demanderais à ce que toutes les collectivités fassent un moratoire sur le lancement de ce type de terrains en attendant les conclusions des scientifiques », se risque la sénatrice. Autrement dit, arrêter de construire ou renouveler (les tapis ont besoin d'être changés tous les 10-12 ans) ces moquettes qui représentent approximativement 50% des plusieurs centaines de terrains construits annuellement en France - sans parler des complexes de foot à 5 et autres city-stades), et en plein essor dans certaines régions comme le Nord.

Jouer plus, toujours plus

« Dans la région, la tendance est que tout le monde se met au synthétique, la dynamique est contradictoire par rapport à une sortie du synthétique. En plus, les terrains de type stabilisé, les terrains de schiste sont interdits maintenant », fait savoir Xavier Duhaut, président du petit club de Templemars (400 licenciés), non loin de Lille, où le terrain synthétique d'entraînement vient d'être renouvelé après dix ans comme l'exigent les normes.

En cas d'interdiction des synthé, ce serait a priori pelouse ou pelouse pour les petits clubs. Et si cela ravirait les sept sportifs sur dix privilégiant la pratique d'une activité sur gazon naturel (selon un sondage réalisé le 13 novembre par l'Union Nationale des Entreprises du Paysage), les dirigeants comme Xavier Duhaut ne sautent pas au plafond à l'idée de repasser au 100% naturel. 

 

« Si demain on devait supprimer tous les synthétiques, il faudrait deux fois plus de terrains. Nous avec 400 licenciés, on a deux terrains. Si on repassait à la pelouse, on aurait un terrain d’honneur sur lequel on pourrait faire jouer deux ou trois équipes par semaine sans trop le brusquer, mais surtout on aurait un terrain d’entraînement où tout le monde jouerait et qui deviendrait un champ de patates dès la fin de l’automne. »

 

Un argument qui n'émeut pas forcément Catherine Bassani-Pillot. Pour l'élue EELV il est clair que l'environnement passe en premier. « Les pratiques sont là pour évoluer, on ne pourra plus vivre dans les années qui viennent comme on l’a fait jusqu’ici. Et puis parler de conséquences directes sur la pratique alors que ça ne fait pas si longtemps que ces terrains sont là... »

Et d'ajouter que « cette offre [les terrains synthétiques] a été créée par deux grands industriels américains dans les domaines pneumatique et chimique, ça ne vient pas d’une demande du monde du sport. » Elle est rejointe en tout point par François Cartron: 

 

« A un moment donné, il y a eu un vrai effet de mode avec ces terrains synthétiques parce qu'ils révolutionnaient en un sens la pratique du football. On croyait avoir trouvé la solution miracle pour jouer au football 365 jours sur 365. Peut-être avions nous tort et qu'il faudra nous rhabituer à ne pas jouer sur des périodes de 10 ou 15 jours à cause des intempéries. »

Le compromis: la pelouse hybride

A vrai dire, une solution existe déjà au plus haut niveau mais demeure moins connue dans le football vrai. « Il y a des terrains mixtes comme celui de la Beaujoire » comme ne manque pas de le rappeler l'élue nantaise. On appelle ça des pelouses hybrides et elles sont composées de:

  • Gazon naturel
  • Des milliers de fibres synthétiques
  • Le tout s'enracinant dans un substrat mêlant sable fin, granulés en liège et fibres synthétiques

Adieu les boules noires et tant pis si Thierry Beccaro n'est pas content. C'est beau, hein? Trop, sans doute. Car tout ça nous amène à l'autre raison du succès des terrains synthétiques à granulés en caoutchouc en France mais aussi en Espagne, (où l'on compterait plus de 4.000 terrains du genre): le prix.


Poser un synthé granulé de seconde génération coûterait moins cher, paraît-il. Le prix d'un hybride tournerait autour du million d'euros selon des chiffres avancés en 2014 par Bertrand Picard, président fondateur de l'entreprise Natural Grass quand son rival oscillerait entre « 350.000 à 400.000 euros » en 2017, dixit Xavier Duhaut. Et on ne parle pas du gazon naturel qui revient soi-disant trop cher en termes d'entretien. Le truc, c'est qu'après quelques recherches poussées, on se rend compte que tout n'est pas si simple. Catherine Bassani-Pillot: 

« Ce que l’on dit moins, c’est que les coûts d’entretien annuels ne sont pas si bas que ça [pour les terrains à billes noires]. Cela coûte en réalité très cher, en plus de l’entretien de base il faut aussi par exemple utiliser pas mal d’eau pour arroser les terrains en périodes de forte chaleur pour éviter les vapeurs toxiques. »

En croisade contre les gazons artificiels, les chiffres avancés par la Société française des gazons (SFG), qui en 2012 a calculé l'investissement total par heure de jeu en fonction de la surface, allaient déjà dans ce sens:

  • Terrain naturel: coût de l'heure de jeu oscillant entre 37 et 58 euros
  • Terrain hybride: coût de l'heure de 52 à 65 euros
  • Terrain synthétique: coût de l'heure entre 63 et 75 euros...


« C'est un peu comme pour la cigarette, au fond »

Si la statistique demande confirmation et ne prend pas en compte toutes les variables, et notamment le fait qu'il soit plus facile de tricher sur l'entretien d'un synthétique granulé (il n'est pas rare de voir des villes réapprovisionner plus rarement leurs terrains en billes en caoutchouc moins souvent qu'elles ne le devraient affin d'amortir les coûts), elle est en totale contradiction avec les idées reçues. Le synthétique n'aurait donc pour lui que l'argument du temps de jeu (seule surface à supporter plus de 1000 heures de jeu par an, fort utile pour les complexes de foot à 5, les city-stade et les zones de à forte densité de joueurs comme l'ïle de France et ses plus de 200.000 licenciés). 

« On veut avoir le cout initial de ces terrains, le cout réel de l’entretien, l’espérance de vie réelle... on veut une analyse coûts-bénéfices-risques », demande Bassani-Pillot, qui précise qu'« évidemment, si on doit supprimer ces terrains, ce sera un processus qui prendra du temps. On ne pourra pas arracher tous les tapis d'un coup d'un seul pour en mettre de nouveaux. » 

« Quoi qu'il en soit, il faut attendre la réponse de la ministre», répète Françoise Cartron, qui suggère pendant ce temps de sensibiliser aux risques que pourraient présenter ces revêtements artificiels. « Il faudrait dire aux personnes qui y jouent de porter des vêtements qui couvrent tout le corps, dire aux enfants de ne pas porter ces billes noires à leur bouche, vérifier la température au sol car on sait qu'à partir d'une certaine température cela peut se révéler toxique », propose la sénatrice de la Gironde. « Il ne s’agit pas de dire "attention, il ne faut plus du tout aller sur ces terrains" là sur le ton de la catastrophe, non. Mais prévenir les gens. C'est un peu comme pour la cigarette, au fond », illustre de son côté l'élue EELV. On imagine déjà le synthé de demain. Les mêmes ballons, les mêmes joueurs, les mêmes billes noires, et une grosse pancarte à l'entrée: JOUER TUE.

 

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Ouest-France - 23 novembre 2017

Terrains synthétiques :

les écolos alertent sur les dangers

 

Les gazons synthétiques sont pointés du doigt. Les élus écologistes veulent faire appliquer le principe de précaution.

Vapeurs toxiques, risques de blessures par frottement, fractures liées à la dureté du terrain, cancers… Les dangers potentiels pour les pratiquants sur les gazons synthétiques sont pris très au sérieux par les élus du groupe écologiste et citoyen de Nantes.  « Cela fait plusieurs années que nous avons identifié le problème,  indique Catherine Bassani-Pillot, conseillère municipale déléguée à la santé environnementale, qui demande qu’une étude coût/bénéfice/risque soit lancée. Maintenant que des enquêtes le prouvent, le principe de précaution doit s’appliquer. Arrêtons de mettre la poussière sous le tapis. »

Faut-il pour autant les supprimer ? La réponse n’est pas si simple. Car ces infrastructures - au nombre de quinze - ont le mérite d’exister et d’encourager les jeunes à bouger, plutôt que de rester sédentaires. Tout est question de dosage et de curseur.

Il ne s’agit donc pas de faire peur ni de jouer les oiseaux de mauvais augure, mais plutôt de faire prendre conscience aux usagers que sa fréquentation n’est pas anodine.  « Notre rôle est bel et bien de s’emparer du sujet, informer et accompagner tous les acteurs. » En d’autres termes, recommander les bons gestes par exemple le port de manches longues ou le retrait pendant qu’il fait très chaud, à travers des réunions, des brochures ou des panneaux conçus par la ville. Et agir en connaissance de cause…

 

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Presse Océan - 15 novembre 2017

Les élus écologistes et citoyens

contre les terrains synthétiques

 

Les élus écologistes nantais veulent faire jouer le principe de précaution pour les terrains synthétiques.


Mieux vaut le naturel à l’artificiel. En particulier pour les terrains de sport synthétiques qui selon le groupe écologiste et citoyen de Nantes reprenant un article du mensuel So Foot du 9 novembre, feraient encourir des risques pour la santé. So Foot indique que la multitude de petites billes noires en caoutchouc permettant aux brins d’herbe de tenir debout, s’infiltrant partout, pourrait être extrêmement dangereuse.

 

Pour Catherine Bassani-Pillot, conseillère municipale déléguée à la santé environnementale, « Le principe de précaution doit donc s’appliquer dans ce dossier, comme cela avait été fait par la ville de Nantes en 2009 avec l’interdiction des biberons contenant du Bis phénol A ». Le groupe réitère sa demande d’une évaluation des plans « Cité Foot » de la ville de Nantes, qui avaient permis la création de plusieurs terrains en gazons synthétiques. Il s’oppose « à toute nouvelle création ou réfection tant qu’une analyse ne démontrera pas l’absence de risque pour la santé des pratiquants, au regard de l’ensemble des coûts engendrés (fabrication, entretien, réfection) ». Un point de vue partagé par bon nombre de responsables d'associations sportives nantaises. 

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