Accueil Actualités Contournement du bourg d’Orvault : intervention de Didier Quéraud

Contournement du bourg d’Orvault : intervention de Didier Quéraud

 

Ce dossier est important car il pose la question de la place de la voiture dans notre métropole et plus particulièrement pour le bourg d’Orvault, la question des nuisances que subissent les habitants et auxquels nous devons apporter des réponses.

Un des éléments majeurs de l'étude sur le contournement est rappelons-le, le passage de 10 500 à 12 500 véhicules qui transitent dans le bourg chaque jour en semaine, soit 80 % du trafic total, apportant dégradation de la qualité de vie, pollution, bruit et insécurité pour les piétons, cyclistes ou encore les enfants.

Or les réponses qui sont apportées dans cette délibération ne nous conviennent pas. En l’état, ce projet ne comporte aucune disposition pour réduire la circulation entre Orvault et la route de Rennes par des aménagements qui décourageraient les véhicules qui utilisent ce passage comme shunt au périphérique. Or ces aménagements sont réalisables dès maintenant et pourraient tout de suite avoir des effets sur la circulation dans le bourg d'Orvault.

Notre objectif doit être d’apaiser la circulation, pas d’inciter le trafic automobile, or c’est tout le contraire qui semble se profiler. Avec la construction de deux nouveaux tronçons de 900 et 950 mètres, la réalisation d’un grand pont au-dessus de la vallée du Cens et aucune ligne de transport en commun en site propre, ce contournement n’apportera pas de solutions alternatives au tout-voiture mais créera un nouvel appel d’air aux automobilistes qui tentent d’éviter le périphérique.

Très vite, ce contournement risque de devenir lui-même saturés avec comme suite logique un nouvel engorgement du bourg à court ou moyen terme. Je vous rappelle ici les conséquences insidieuse des applications qui permettent en temps réel d'indiquer le trajet le plus rapide en voiture, que ce soit par une départementale, un lotissement ou une route 1x1 une voie comme ça sera le cas avec ce projet. Le bourg d’Orvault sera bien soulagé provisoirement d’une partie des embouteillages mais le risque de créer une 3ème voie du périphérique, et de déplacer la circulation dans d’autres quartiers d’Orvault, est bien là.

Nous rappelons notre attachement au développement des transports en commun. Cela passe notamment par la multiplication des parkings P+R pour abandonner la voiture à l’entrée de notre agglomération et par des transports collectifs rapides et performants sans passer nécessairement par le centre-ville, une de nos propositions des municipales de 2014. Pour les habitants et leurs déplacements du quotidien, nous devons mettre l’accent sur une politique volontariste pour développer le covoiturage, les déplacements doux et collectifs pour faciliter les mobilités vers et à partir du Bourg.

Sur le plan environnemental, nous le disons clairement : non il n’est pas possible d’impacter des zones humides au profit de la voiture à grand frais d’argent public. La vallée du Cens et la vallée de la Rousselière qui seront toutes deux impactées par ce nouveau contournement, accueillent des cours d’eau sujets à des débordements en période de pluie intenses. Ces zones humides sont entourées de surfaces boisées avec des espèces protégées ou inscrites comme en voie de disparition par l’Union européenne.

La réponse de la concertation publique sur ces aspects biodiversité préconise le choix de la variante avec le moindre impact selon la doctrine « éviter, réduire, compenser ». Nous répondons que le meilleur choix est bien celui d’éviter avant de réduire et de compenser car rien ne pourra réparer la dégradation de milieux naturels, précieux dans la sauvegarde de la biodiversité.

Sur le plan climatique enfin, je ré-insiste sur les propos de notre collègue Julie Laernoes lors du vœu que nous avons voté. L’urgence climatique dans laquelle s’engage notre métropole doit se retrouver dans les actes et dans une cohérence de l’ensemble de nos politiques publiques. Avec 50 % des émissions de CO2 dans notre métropole, les transports sont nécessairement un secteur clé dans la réussite de nos engagements climatiques. C'est pourquoi, il est pour nous incontournable de revoir le projet notamment par la prise en compte de façon plus globale la réduction du transit et des accès en transports en commun.

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