Accueil Actualités Charge des forces de l’ordre contre des jeunes lors de la fête de la musique : nous dénonçons l’usage disproportionné de la force et apportons notre soutien aux proches du jeune homme disparu

Charge des forces de l’ordre contre des jeunes lors de la fête de la musique : nous dénonçons l’usage disproportionné de la force et apportons notre soutien aux proches du jeune homme disparu

Les événements tragiques qui ont eu lieu à Nantes la nuit de la fête de la musique, ce 21 juin 2019, sont accablants.

 

Les forces de l'ordre ont chargé des jeunes et moins jeunes qui fêtaient l'été sur le quai Wilson, une demi-heure seulement après le dépassement de l'horaire autorisé pour la musique. Avec gaz, grenades de désencerclement, chiens et matraques. Une charge violente, des gaz suffocants qui brouillent la vue, un mouvement de panique parmi le public, et des personnes acculées à la Loire.

 

Les conséquences sont dramatiques : des centaines de personnes en état de choc, des blessés, la chute de 14 personnes dans la Loire et à ce jour, un jeune homme de 24 ans disparu.

 

Nous dénonçons fermement l'action disproportionné des forces de l'ordre lors de cet événement. Qu'est-ce qui justifie un tel accès de violence envers des jeunes qui dansent ?

 

Rien. Rien ne justifie de mettre en danger la vie de plusieurs centaines de personnes qui se rassemblent dans un contexte festif. Quand bien même certaines de ces personnes seraient en état d'ébriété, coupables d'une infraction à la réglementation ou peu coopératives avec les forces de l'ordre.

 

14 personnes ont chuté dans la Loire, poussées par la charge des CRS. Par chance, la météo était clémente, les pompiers étaient présents sur le fleuve et il n'y a pas eu de cas d'hydrocution. Pour quelle raison a-t-on mis en danger la vie de toutes ces personnes ? Parce que le DJ avait rallumé la musique. L'absurdité de la situation ne la rend que plus tragique. Et à ce jour, le jeune Steve est toujours porté disparu.

 

La police doit protéger. Aujourd'hui pourtant, le sentiment d'insécurité augmente en sa présence. Et à juste titre : les débordements lors d'opérations de maintien de l'ordre se multiplient, le recours aux armes sublétales est devenu quasi-systématique lors des manifestations, le nombre de blessés s'accumule et les chances de réconciliation avec la population s'amenuisent à chaque rassemblement.

 

L'usage disproportionné de la force est devenu la règle en France, et la violence suscite l'incompréhension et la colère. Ces méthodes de plus en plus brutales sont dénoncées au niveau international : Amnesty International déplorait il y a quelques mois "l'usage excessif de la force et les violences policières" sur le territoire français dans le cadre des manifestations des Gilets Jaunes.

 

Les débordements de vendredi soir, dans un contexte festif qui plus est, ne font qu'envenimer la situation entre la police et la jeunesse et le sentiment d'injustice monte.

 

Nous demandons au Préfet de répondre au désarroi général en faisant la lumière sur ce qui s'est passé, et de prendre les décisions qui s'imposent. Cette opération s'est conduite sous sa responsabilité et il devra donc répondre lui-même des conséquences, ainsi que toutes les personnes impliquées dans la chaîne de commandement qui a mené à ce dénouement intolérable.

 

Nous apportons tout notre soutien aux proches du jeune homme disparu et joignons tout notre espoir pour le retrouver sain et sauf.

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