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YelloPark : les élus écologistes et citoyens déposent leur contribution dans le cadre de la consultation publique

Après avoir organisé une rencontre publique avec des collectifs d'habitants de la Beaujoire, des supporteurs du FC Nantes, l'association « A la nantaise » et le groupe Réalités, les élus écologistes et citoyens déposent ce 7 mai leur contribution sur le projet YelloPark dans le cadre de la consultation publique.

 

En premier lieu, les élu-e-s interrogent le bilan carbone d'un tel projet. On sait que l'optimisation a toujours un impact moindre sur l'environnement par rapport à une destruction / reconstruction. C'est pourquoi, cette donnée doit être prise en compte par une évaluation avant toute prise de décision.

 

Sur le temps de la concertation, nous redisons notre attachement à une phase d'élaboration avec les habitant-e-s suffisamment longue pour améliorer et prendre en compte toutes les problématiques soulevées par ce projet d'envergure. La demande de Johanna Rolland d'allonger la concertation d'un mois va dans le bon sens mais c'est loin d'être suffisant face à un rythme de réunions publiques très soutenu qui ne permet pas aux habitants de préparer correctement tous les dossiers, d'approfondir les enjeux, et d'explorer des alternatives crédibles.

 

Pour les élu-e-s écologistes et citoyens, il serait pertinent de prolonger la concertation jusqu'à fin 2018 pour la cohérence globale du projet de quartier Nantes-Erdre avec la prolongation de la ligne 1 de tramway et le réaménagement du périphérique.

 

Concernant l'urbanisme, nous nous interrogeons sur le risque pour la collectivité de laisser la main sur l'aménagement d'un quartier de 23 hectares à un seul promoteur privé : cette opération limiterait la capacité d'encadrement notamment sur l'aspect "qualité de vie, qualité de ville" que nous défendons.

 

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Notre contribution :

 

Tenant compte des arguments pour et contre, les élus écologistes et citoyens s’interrogent à la fois sur la finalité et sur la méthode du projet :

  • L’impact environnemental

 

  • Le temps de la concertation

 

  • Le lien entre le stade et l’aménagement du quartier, notamment la qualité de vie

 

  • Les valeurs écologistes que le projet vient interroger

 

Sur l’impact environnemental :

 

 

Pour les élus écologistes et citoyens, il est essentiel de se pencher sur le bilan environnemental du projet.

Quel serait le bilan carbone lié à la construction d’un nouveau stade ? Celui de la déconstruction du stade actuel ? Ou de sa réhabilitation ?

La Métropole s’est engagée sur des objectifs ambitieux en matière de transition énergétique. Or, on sait que le bilan carbone des opérations de réhabilitation est la plupart du temps moindre comparé au bilan carbone lié à la construction d’un nouvel équipement (nécessitant la destruction de l’équipement actuel).

En cohérence avec ses objectifs et ses engagements en matière énergétique, Nantes Métropole doit impérativement faire le bilan carbone des différentes alternatives possibles, avant toute décision définitive.

 

Sur la concertation :

 

Une pré-concertation a eu lieu en novembre / décembre 2017.

Une deuxième phase de concertation a lieu actuellement. Commencée à la mi-février, devant se finir initialement le 19 avril, elle est prolongée jusqu’au 16 mai. Elle est encadrée par la Commission Nationale du Débat Public.

Pour les élus écologistes et citoyens cette concertation n'est pas du tout satisfaisante, pour plusieurs raisons :

 

  • Elle est très courte (3 mois). Sur un sujet de cette importance, avec de nombreux enjeux (nouveau stade, nouveau quartier de ville, densification, déplacements...) qui engagent la collectivité pour de nombreuses années, une concertation beaucoup plus longue est indispensable, comme c'est le cas pour les concertations menées par exemple pour les projets de rénovation des quartiers (Nantes nord, Bellevue...) . Avec raison, la ville de Nantes mène de longues consultations de plusieurs mois pour le simple réaménagement d'un square, et sur ce dossier elle ne va consacrer que deux mois pour un ensemble de 23 hectares !

 

De plus la concertation sur les déplacements (PDU) a lieu jusqu'à fin 2018. L'évolution de notre Plan de Déplacements Urbains concerne notamment ce grand quartier de Nantes Erdre, avec la prolongation de la ligne 1 de tramway jusqu'à La Babinière, le réaménagement du périphérique (porte de Gesvres). On pourrait faire coïncider ces deux concertations pour la cohérence globale du projet de quartier.

Le rythme des réunions est intense, avec des thèmes très différents. Ce rythme ne permet pas à tous les acteurs, notamment les acteurs bénévoles de préparer correctement les réunions et d'y participer autant qu'ils le souhaiteraient. C'est particulièrement le cas des riverains.

 

  • A part la conférence de presse de Johanna Rolland du 24 avril sur le projet urbain, la ville de Nantes et Nantes Métropole sont absentes du débat, ou ne sont présentes que pour porter un seul message : "il n'y a pas d'alternative". On est loin de la co-construction à la Nantaise régulièrement mise en avant !

 

  • La concertation est tronquée car il est dit dès le départ qu'il n'y a pas d'alternatives. Une concertation plus longue aurait permis de prendre le temps d'étudier davantage les exemples étrangers, de faire émerger des alternatives : rénovation du stade existant ou construction d'un nouveau stade ; financement public / financement privé ?

 

Sur cette thématique du financement, la concertation plus longue aurait permis d'étudier les différents types de contrats possibles entre la collectivité, le FCN, le groupe Réalités. L'argument pour dire qu'il n'y a pas d'alternative est le suivant : personne ne s'est présenté pour financer une quelconque alternative ! Mais en a-t-on laissé le temps et l'espace ?

 

Sur le lien entre le projet de stade et le projet immobilier :

qualité de vie et sécurité

 

L'examen détaillé du projet nous a montré que tous les éléments du projet ne sont pas à rejeter :

  • La nécessité de doter le FCN d'un stade moderne et aux normes.

 

  • La volonté de mieux intégrer le stade dans son environnement proche.

 

  • Actuellement le stade ne sert environ qu'une fois toutes les 2 semaines, 10 mois par an.

 

  • Le souci de faire évoluer le quartier Halvèque / Beaujoire / Ranzay / Saint-Joseph en tenant compte des problématiques existantes, touchant à la vie quotidienne des habitants : présence de services publics, circulation, stationnement…

 

Mais pour les élus écologistes et citoyens, des interrogations demeurent :

  • C'est un projet immobilier qui sert à financer la construction du nouveau stade, ce qui comporte une certaine prise de risque sur l'aménagement du quartier (si le montage financier est fragilisé : besoin de densifier davantage, faire plus d'étages…).

 

  • Le risque pour la collectivité publique de laisser la main sur l'aménagement d'un quartier de 23 hectares à un seul promoteur privé : cette opération limiterait la capacité d'encadrement sur les aménagements et usages des espaces publics. De plus, l'argument du "100% financé par le privé, pas un euro de la collectivité" est faussé : qui va prendre en charge les aménagements obligatoires liés aux services collectifs, comme la desserte en transports en communs ?

 

  • Oui à une densification de qualité : une ville dense où il fait bon vivre, un équilibre entre le bâti et les espaces verts, une place importante laissée à la nature en ville . Nous demeurons, en revanche, opposés à une densification excessive à tout prix symbolisée par un projet de tour de 120 mètres de haut, avec toutes les conséquences que cela comporte sur le stationnement et la circulation, qui changeraient de manière importante la vie du quartier. Nous prenons acte avec satisfaction des demandes récentes de Johanna Rolland, Maire de Nantes, d’abandonner la tour de 120 mètres de haut et de diminuer le nombre de logements prévus, en passant de 2000 à 1500.

 

  • Le projet doit apporter des réponses en matière de sécurité des spectateurs et des riverains pendant les soirs de match.

 

Sur les valeurs portées par les écologistes :

 

Optimisation de l’existant, co-construction avec les premiers concernés (habitants, usagers…), équilibre entre grands projets et projets de proximité, des équipements sportifs accessibles à toutes et tous… Ce projet interroge un certain nombre de valeurs que nous portons :

  • Favoriser la réhabilitation des équipements existants avant de construire de nouveaux équipements.

 

  • L’importance de faire le bilan environnemental du projet et des alternatives (déconstruction / construction ; réhabilitation ; bilan carbone de chaque option).

 

  • La nécessité de respecter le patrimoine de la ville auxquels sont attachés les Nantais. C'est le cas pour le stade de la Beaujoire, ça l'a été pour le stade Marcel Saupin, partiellement conservé.

 

  • Le souci de co-construire avec les habitants en prenant le temps de la discussion doit être incontournable pour construire un projet dans l’intérêt de toutes et tous.

 

Des valeurs du sport de proximité pour toutes et tous, et non du sport business ... Malgré tout les deux sont indissociables : les grands événements du sport professionnel sont des moments populaires qui véhiculent de fortes émotions, renforcent la cohésion sociale, transmettent des valeurs aux amateurs. Quelle image du foot voulons-nous transmettre aux jeunes nantaises et nantais ?

 

En conclusion

il est urgent de prolonger la concertation jusqu'à la fin 2018 :

le temps de faire émerger et d'étudier

d'autres alternatives possibles !

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