Accueil Actualités [Focus] Migrants : retour sur la rencontre publique avec Damien Carême

[Focus] Migrants : retour sur la rencontre publique avec Damien Carême

 

Samedi 25 novembre, une réunion publique sur le thème de l'accueil des migrants en présence de Damien Carême a été organisée par EELV, les élu-e-s écologistes et citoyens et l'association AVEC.

 

 

La restitution vidéo de la rencontre publique

 

Réalisée par François NICOLAS :

 

 

 

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Notre positionnement

21 novembre 2017

Migrants : un autre accueil est possible avec l’action des villes

 

Un groupe d’étudiants a occupé les locaux de l’ancienne école des Beaux-Arts de Nantes samedi pour y héberger des migrants. La ville de Nantes a décidé dimanche de l’expulsion de ces personnes. Nous, élus écologistes et citoyens, nous désolidarisons de cette action municipale, menée sans concertation.

Nous n’occultons pas la responsabilité de l’État, en charge de l’hébergement d’urgence. Nous n’occultons pas non plus les actions de la Ville déjà menées sur le sujet. La ville de Nantes agit sur l'ensemble de ses domaines de compétence et au-delà. Mais cela ne permet plus de répondre à l'urgence et à l'ampleur des situations aujourd'hui. Cette évolution des besoins s'inscrit dans la durée et nous devons prendre nos responsabilités, en tant qu'élus locaux, immédiatement, et trouver des solutions pour assurer un minimum d'hospitalité et d'humanité à chacun sur notre territoire.

Face à l’urgence, nous demandons d’aller plus loin grâce à des actions concrètes.

- Nous renouvelons notre demande de mise à disposition immédiate, par les communes de la métropole, de locaux aux associations de soutien aux migrants. Les collectifs sont prêts. Des baux précaires permettraient de répondre à l’urgence de la situation dans des locaux actuellement non utilisés, en attente de projets ou de rénovation. Ils seraient rendus disponibles dans un calendrier défini par contrat. Des villes le font déjà : Paris, Rennes, Toulouse ou Grande-Synthe.

- Nous proposons de créer et de maintenir des activités pour ces jeunes qui n’ont d’autre occupation que la rue. Les jeunes et étudiants mobilisés aux côtés des migrants le disent et ont des suggestions à nous faire : il faut insérer ces jeunes migrants dans la ville en leur proposant des activités facilitant leur accès aux droits mais aussi culturelles et sportives.

- Nous demandons à ce que soit accordée la gratuité des transports en commun aux migrants avec des revenus inférieurs aux minima sociaux, quelle que soit leur situation administrative en cours.

Il est illusoire de penser que cette situation va se régler sans l’action concertée de l’État, des conseils départementaux, des villes et des acteurs mobilisés. Les migrants sont de plus en plus nombreux dans notre ville et partout sur le territoire. L’arrivée de ces personnes fuyant conflits, catastrophes, crises climatiques doit nous forcer à agir rapidement. Et le fait de les accueillir dignement ne constitue en rien un appel d'air comme le montre l'exemple de Toulouse.

 

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Dans la presse

Ouest-France du 26 novembre 2017 :

 

 

 

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Sur les réseaux sociaux :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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A lire également  :

 

Appel aux villes de la métropole

 

pour un accueil digne et humain des migrants

 

Par Jean-Paul Huard

 

Conseil de Nantes Métropole du 13 octobre 2017

 

 

 

Pour le groupe des élus écologistes et citoyens, je veux saluer le travail accompli et les perspectives proposées concernant les migrants d'Europe de l'Est. Merci madame la Présidente, merci Marie-Hélène Nedelec pour votre engagement, votre patience et votre ténacité. Et merci aussi à toutes les communes qui ont accepté d'intégrer cette question dans une démarche intercommunale.

Je veux aussi lancer un appel sur la question plus générale des migrants qui arrivent chaque jour sur notre territoire.

Si certaines communes de la Métropole n’ont pas attendu aujourd’hui pour agir en direction des populations d'Europe de l'Est, cette MOUS est une première et une avancée pour notre territoire. Une volonté partagée et collective d’agir ensemble en faveur de ces populations. Les 24 communes et la Métropole, en partenariat avec l’État et le Conseil départemental, ont donc décidé d’unir leurs forces et leurs moyens dans l’objectif d’améliorer les conditions de vie de ces citoyens européens.C’est un processus engagé sur le long terme, qui demande du temps et nécessite l’engagement continu de nous tous.

J’en profite donc aussi pour lancer un appel aux villes de notre métropole. Il s'agit d'une autre situation qui ne vous aura pas échappé : la venue de plus en plus nombreuse de migrants. En Europe, en France, ici sur notre territoire. Ce constat n’est pas nouveau: cette crise migratoire va perdurer, elle n’est pas transitoire mais bien structurelle.

Or force est de constater l’absence de stratégie cohérente et humaine de l’Union européenne comme du gouvernement français. Le président de la République M Macron a annoncé fin août « plus personne à la rue d’ici la fin de l’année ». Comment y croire avec un plan pour les migrants qui ne répond pas à l’urgente nécessité de redimensionner les capacités d’accueil ? Ce plan s’attache à réduire les flux migratoire mais oublie de s’attaquer à la gestion de la situation actuelle pourtant alarmante : les arrivées se poursuivent et s’amplifient, une centaine de personnes entrent chaque jour en France en ce moment.

Sur la Métropole, les associations recensent 450 personnes en attente de droits ou sans solution pour 300 il y a un an. Parmi eux la moitié sont des jeunes. Ils vivent dans des squats, dans la rue, dans la promiscuité, l’insalubrité, la précarité, mais aussi la peur, le rejet. À cela s'ajoute tous celles et ceux qui n'ont pas de contact avec les associations ou les institutions et errent dans la ville, passent leurs nuits dehors.

On le sait, l’État est détenteur de la compétence en matière d’accueil des demandeurs d’asile et d’octroi du statut de réfugié. Il est également en charge de l'hébergement d'urgence. Et les départements doivent, au titre de la protection de l’enfance, apporter hébergement, scolarité et soins aux mineurs. Pour autant, le compte n’y est pas. Les moyens déployés sont totalement insuffisants face à l’ampleur et l’urgence de la situation. Et à l'approche de l'hiver, ces situations sont insupportables et pas seulement pour les migrants.

« Plus personne à la rue d'ici la fin de l'année ». Je suis totalement d'accord avec vous Monsieur Macron. Mais ne laissez pas votre parole, la parole politique discréditée au plus haut niveau, sans les moyens minimums qui vont avec.

L'Etat est défaillant sur ses compétences, nous devons le dire et le redire pour qu'il prenne ses responsabilités mais cela nous exonère-t-il d'un devoir minimum d'humanité sur notre territoire ? Notre situation ne sera pas tenable longtemps.

Pourrons-nous longtemps prôner l'attractivité, une image de métropole accueillante et laisser à la rue des centaines de personnes ? Faut-il rendre leurs conditions de vie inacceptables pour ne pas créer d'appel d'air ? Les métropoles qui vont bien attirent et c'est logique. Nous en rajoutons en mettant beaucoup d'argent pour l'attractivité : 2,7 millions d’euros chaque année rien que pour l'agence de développement Nantes Saint-Nazaire.

Mon appel se veut transpartisan, à tous les humanistes quelque soit leur couleur politique.

Il consiste simplement à relayer ce que nous demandent les collectifs et associations : que chaque ville mette des hébergements, de petites unités dans les quartiers, en vue de répondre plus facilement à la volonté d'insertion sociale et professionnelle des intéressés. Des locaux non utilisés, même en attente de projets ou de rénovations qui pourrait faire l'objet de baux précaires et être rendus disponibles dans un calendrier défini par contrat. Les associations nous le disent, elles ne veulent plus être obligées de créer des squats et évacueront ceux qui existent si des solutions de relogement dignes sont trouvées.

Chers collègues, personne n'a le monopole du cœur. Regardons chacun-e dans nos villes les locaux disponibles mêmes provisoirement et répondons à la demande des associations le plus rapidement possible.

Sur le plus long terme Madame la présidente réfléchissons à une démarche métropolitaine comme vous avez su l'engager avec les populations d'Europe de l'Est. Mais aussi dès maintenant, prenons en compte cette question migratoire dans le volet sur l’adaptation au changement climatique de notre nouveau Plan Climat. Car je vous le rappelle, plus de la moitié de ces personnes sont des réfugiés climatiques.

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