Accueil Actualités S’engager sur 1% du budget métropolitain pour les sans-abris et sur la démarche Territoire Zéro Chômeur : intervention de Jean-Paul Huard

S’engager sur 1% du budget métropolitain pour les sans-abris et sur la démarche Territoire Zéro Chômeur : intervention de Jean-Paul Huard

 

La proposition qui nous est faite d’être « territoires démonstrateurs » pour redoubler d’efforts dans la lutte contre la pauvreté est à saisir. Car notre Métropole n’échappe pas à cette réalité : les chiffres parlent et disent que le compte n’y est pas : 77 000 habitants de la métropole vivent sous le seuil de pauvreté dont 2/3 de ces personnes vivent à Nantes. Et dans ces ménages nantais, on compte près de 15 000 enfants de 0 à 15 ans vivant sous le seuil de pauvreté, soit près d’un enfant nantais sur trois. Et ce taux d’enfants concernés par la pauvreté atteint environ deux tiers dans les quartiers politique de la ville. Encore une fois c'est la conséquence de l'échec de la théorie de l'attractivité et du ruissellement. Être une métropole riche et attractive n'empêche pas les inégalités sociales et territoriales de persister, voire de se creuser.

Oui donc pour cette délibération. Mais celle-ci nous invite à la cohérence. Je veux dire la cohérence dans nos politiques publiques :

- Nous sommes cohérents quand nous construirons 2 000 logements sociaux par an dont 30 % de logements très sociaux. Nous sommes cohérents quand nous doublons le nombre de chantiers pour lutter contre la vulnérabilité énergétique des personnes modestes. Nous sommes cohérents quand nous travaillons à plusieurs communes via le Plan d’investissement d’avenir pour proposer aux jeunes des « parcours » qui prennent en compte la diversité des problématiques qu’ils rencontrent.

- En revanche, nous ne sommes pas cohérents lorsque des enfants Roms sont déscolarisés suite à une expulsion, puis encore une autre expulsion, puis une énième expulsion... Le collectif Romeurope nous indique qu’en moyenne 40 % des expulsés sont des enfants. C’est totalement inacceptable.

C’est dès la naissance que les inégalités commencent. Donc plus on agit en amont, plus on réduit ces inégalités. Et donc il faut mettre les moyens dès la petite enfance. Avec une fois de plus une attention prioritaire pour les quartiers politique de la ville. Et il faut que ça se traduise par plus de moyens et mieux : plus de crèches pour accueillir les enfants mais aussi faciliter l’accès à l’emploi des parents, plus de lieux d’accueil parents-enfants.

3 propositions pour prévenir et lutter contre la pauvreté des enfants et des jeunes :

1ère proposition : Agir pour limiter les basses rémunérations, le temps partiel subi, le développement de l’emploi sous-payé à la tâche… Ces enfants dits « pauvres » sont dans cette situation parce que leurs parents sont pauvres, trop souvent à cause d’emplois qui ne les rémunèrent pas assez. Ce n'est pas une compétence de la Métropole mais nous pouvons impulser une dynamique soit dans le cadre de la RSE responsabilité sociale des entreprises pilotée par André Sobczak soit dans le cadre de la conférence pour l'emploi avec les partenaires sociaux pilotée par Pascal Bolo. C'est aussi une attention particulière pour les emplois de la collectivité.

2e proposition : Agir sur le chômage, c’est aussi essentiel. « Territoires zéro chômeur de longue durée » ! C’est quoi ? C’est une démarche qui fait ses preuves à Pipriac, sur la Métropole de Lille, sur le Grand-Lyon… qui est en cours de démarrage à Pontchâteau… et surtout qui redonne espoir aux chômeurs pleinement acteurs de la démarche. Elle repose sur trois principes :

- personne n’est inemployable : les compétences de chômeurs sont innombrables ;

- les activités socialement et écologiquement utiles et non satisfaites sur le territoire sont également innombrables ;

- la création d’emplois en CDI est financée par les dépenses passives du chômage.
Une dynamique forte est engagée localement par ATD Quart Monde, le Secours Catholique, Initiatives Plurielles, l’association AVEC et des personnes concernées par ce chômage de longue durée. Et elle est soutenue par des élu.e.s. Donc lançons-nous dans cette expérimentation qui trouve toute sa pertinence dans cette stratégie de prévention et de lutte contre la pauvreté.

3e proposition : Aller vers le 1% du budget de Nantes Métropole pour agir en faveur de l'hébergement de tous les sans-abris quels qu'ils soient. En soutenant les associations et les communes qui s'engagent dans une démarche d'accueil. En utilisant tous les locaux disponibles mêmes temporairement sous forme de baux précaires. Ce que fait la MOUS pour les Roms va dans le bon sens mais il faut changer d'échelle et de rythme.

N'oublions pas l'accès au logement : Nantes Métropole est aussi territoire expérimental pour le Logement d'abord. Il nous faut dès maintenant construire des solutions permettant un accès facilité au logement car sans logement digne ou adresse fixe, il est aussi difficile d’accéder à un travail et de sortir de la spirale de l'exclusion.

 

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