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Mobilisons-nous pour les emplois aidés !

En Loire-Atlantique, près de 650 emplois aidés seraient supprimés sur un total de 5 623. La grande majorité des emplois aidés concerne des femmes (72 % dans notre département) et des jeunes qui ont des difficultés d'accès à l’emploi.

Socialement utiles

Les emplois aidés concernent tous les secteurs d'activités : sport, culture, petite enfance, handicap, éducation, santé, vieillissement, environnement, etc... Ils servent le bien commun et visent la création d’emplois durables pour des activités porteuses de sens et d'avenir. Contrairement à ce qu’affirme la Ministre du Travail, les emplois aidés sont plutôt efficaces en matière de retour à l'emploi pour les personnes qui en bénéficient. Avec un taux d'accès à l'emploi de 52 % dans le secteur non marchand pour les moins de 28 ans, ils dépassent de nombreux autres dispositifs d'insertion par le travail. Ce coup de frein brutal aura des conséquences sociales potentiellement dramatiques pour les bénéficiaires de ces emplois subventionnés qui essayent tant bien que mal de reprendre pied sur le marché du travail. Car les contrats aidés ont incontestablement une utilité. Bien sûr, ils ne sont pas exempts de tout défaut, mais soulignons ici leurs effets globalement positifs en terme d’insertion et de création d’emploi notamment pour les plus fragiles d’entre nous. Selon une étude de la DARES, en l’absence d’aide financière, 64 % des employeurs du secteur non-marchand (principalement les collectivités et les associations) n’auraient pas recruté pour le poste, contre 19 % pour le secteur marchand. Les emplois aidés ont donc un réel impact sur la dynamique de création d’emplois. Certes, les emplois aidés ne sont pas la panacée. Ils sont intéressants quand ils constituent un tremplin vers un emploi pérenne. Pour certains, c’est le moyen de retrouver confiance en l’avenir, la voie vers le retour à l’emploi ou à la formation professionnelle voire l’intégration dans des métiers de la fonction publique comme c’est le cas dans de nombreuses collectivités dont la Ville de Nantes et Nantes Métropole.

Coup dur pour les associations

En faisant le choix de supprimer les emplois aidés, le gouvernement fragilise ce qui cimente notre société. Il faut s’attendre non seulement à des difficultés sociales significatives supplémentaires, mais aussi à la faillite de nombreuses structures associatives et à une dégradation sensible de la qualité des services rendus aux Nantaises et aux Nantais. Ce choix dégrade directement la vie du secteur associatif. N'oublions pas que ces emplois aidés, ce sont des personnes que l’on côtoie quotidiennement : auxiliaires de vie pour les personnes en situation de handicap, pour les personnes âgées, aides à la restauration scolaire,… mais aussi le personnel des associations, de l’économie sociale et solidaire, des ressourceries dans nos quartiers, des écoles Diwan, des EHPAD, etc... A court terme des associations vont donc être obligées de stopper leurs activités. Or, leur travail est inestimable et en prise directe avec le terrain. Elles font un travail que les autres ne font pas et participent activement à faciliter la vie des familles dans nos quartiers. Le gouvernement a annoncé que les emplois de l’urgence sociale ou sanitaire seraient préservés. Sur quels critères ? Combien ? Selon quel calendrier ? Une opacité totale règne sur les modalités de suppression de ces emplois. La suppression des aides de l’État va, dans certains cas, faire reposer le soutien aux emplois aidés uniquement sur les collectivités. Or, la pression financière est déjà tellement forte sur les collectivités qui subissent les baisses des dotations que l'équation devient intenable.

Brutalité de la méthode

"La brutalité de cette annonce est un choc pour les associations et les entreprises de l'économie sociale et solidaire (ESS) qui bénéficient de ces contrats.
Cette mesure, qui n'avait pas été annoncée par le candidat n'a fait l'objet d'aucune évaluation avant son application. Cette méthode nous inquiète" s'alarme Mahel Coppey, vice présidente de Nantes Métropole à l’ESS.

Le gouvernement fait là un très mauvais calcul sur toutes les lignes ; que ce soit celle de la bonne gestion des fonds publics, de l'efficacité économique, ou encore l'efficacité des politiques d'emplois. Cette annonce se fait dans un contexte qui ne pourra malheureusement qu'aggraver ces impacts avec la baisse des dotations aux collectivités, la baisse des subventions aux associations, la baisse des crédits politique de la ville, la diminution de l'ISF, la baisse des APL, etc. Le Gouvernement fait un choix politique clair : celui d'aider les entreprises de l'économie « conventionnelle » en prolongeant le CICE (celui-ci est prolongé sans le moindre débat !), et de fragiliser l'Économie Sociale et Solidaire (16 % de l’emploi à Nantes Métropole). Il s'apprête également à supprimer totalement les cotisations patronales pour les salariés au SMIC. Alors même que cette mesure - l'exonération de cotisations sur les bas salaires - n'a jamais eu d'effet prouvé sur l'emploi, si ce n'est celui d'empêcher la progression des salaires.Nous saluons la mobilisation des maires de Nantes, de Rennes et d'autres métropoles qui ont écrit aux ministres concernés pour leur demander de surseoir à cette décision.Nous souhaitons que la situation soit réexaminée et au minimum : une suspension de cette "décision" qui puisse permettre d’ouvrir un travail en vue de garantir une alternative crédible à la diminution des contrats aidés. A Nantes Métropole, un premier recensement montre que 342 emplois seraient menacés d’ici la fin de l’année. Cette situation inquiétante doit être dénoncée.
Le Gouvernement doit reculer. Mobilisons-nous pour conserver ces emplois. Faisons-nous entendre auprès de nos parlementaires !
Le groupe des élu-e-s écologistes et citoyens de l'agglomération nantaise

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