Accueil Actualités Installation de la vidéo-surveillance à Nantes : intervention de Nicolas Martin

Installation de la vidéo-surveillance à Nantes : intervention de Nicolas Martin

 

La demande de sécurité de nos concitoyens est forte : les difficultés existent, les situations sont parfois invivables, complexes et dangereuses. La tension est palpable dans notre société, dans nos quartiers. De nombreux faits de violence sont rapportés dans la presse et participent à alimenter le sentiment d’insécurité.

Le groupe écologiste et citoyen et les élus UDB prennent toute leur part pour apporter des réponses adaptées. Nous avons soutenu le déploiement de l’îlotage, la création de la maison de la tranquillité publique ou encore la mise à disposition de caméras de surveillances mobiles dans le cadre d'enquêtes judiciaires sous contrôle de la magistrature. Cet outil a d'ailleurs démontré son efficacité depuis son installation et chacun de nous le comprendra aisément : l’efficacité de ces caméras réside dans leur caractère mobile et anonyme là où des caméras fixes ne font que déplacer les trafics lorsqu’elle ne sont pas dégradées régulièrement…

Notre liste écologiste et citoyenne s’est opposée au déploiement de la vidéo-surveillance lors des élections municipales considérant qu’elle était coûteuse et inefficace pour répondre au sentiment d'insécurité des nantaises et des nantais.

Dans toutes les villes qui l’ont adoptée, il n’existe pas de lien directe entre la baisse de la délinquance et les zones vidéo-surveillée. Nous tenons d’ailleurs à rappeler que les trams et bus de notre réseau de transports en commun sont équipés en caméras. Cela n’empêche en rien les incivilités ou les agressions dont nous sommes témoins. La raison est simple : les actes de délinquance sont bien souvent commis de façon impulsive : alcool, drogue, colère…

L’extension de la vidéo-surveillance sur l’espace public n’apportera pas de réponse supplémentaire pour agir en amont et durablement sur des comportements de délinquance et de violence.

C’est pourquoi, nous nous positionnons pour continuer à mobiliser nos énergies et nos ressources financières là où c’est utile, dans la présence humaine, dans la médiation, dans la création de lien avec les habitants. A travers la mission prévention, avec les médiateurs dans les différents quartiers de la ville, avec la brigade de contrôle nocturne et ou encore les îlotiers, nous agissons quotidiennement pour désamorcer les conflits, dialoguer, sensibiliser, rassurer.

Nous tenons d’ailleurs à saluer le travail effectué par Gilles Nicolas. Nous le savons et vous l’avez annoncé, la vidéosurveillance, ne sera qu’un outil parmi d’autres et ne deviendra pas l’alpha et l’oméga de notre politique locale de tranquillité publique. Nous nous interrogeons néanmoins sur la dynamique que nous allons créer sur notre territoire. Qu'en sera t-il demain lorsque les habitants s’apercevront que 2 ou 3 caméras dans un quartier ne servent à rien et viendront demander des caméras supplémentaires dans les rues, dans les halls d’immeuble, là où se seront déplacés les auteurs de trafics ? Il s'agit d'une course sans fin.

D'autres solutions existent mais ne dépendent pas toujours de notre ressort. Notons par exemple la pénalisation de l'usage du cannabis, et donc sa vente illicite, qui occasionne une occupation de certains espaces publics, empoisonne la vie de ses habitants et mobilise beaucoup d'énergie de la part des forces de l'ordre. En dépénalisant le cannabis, cette énergie pourrait être réorientée comme cela existe dans de nombreux pays.

Nous nous interrogeons également sur le glissement de la mission de notre police municipale dont le rôle est d’intervenir dans le cadre de la gestion de l'espace public et de la prévention. La lutte contre la délinquance ou la répression ne doivent pas être de la responsabilité des agents municipaux. Or la vidéosurveillance est bien un outil qui vise à surveiller et intervenir si nécessaire.

Le partenariat collectivité/État est à encourager, certes, mais l'Etat doit assumer ses missions de sécurité nationale et aussi les dépenses induites. Et les 20 % de frais supportés par l’État pour l’investissement dans les caméras seront une bien maigre compensation par rapport au coût annuel des caméras et du CSU dont notre collectivité sera désormais tributaire.

Nous attirons d’ailleurs votre attention sur l’annonce du ministre de l’intérieur du retour d’une police de sécurité du quotidien en 2018. L’une des promesses de campagne du Président de la République. Dans cette optique, l’extension de la vidéosurveillance qui nous est présentée aujourd’hui nous semble encore moins prioritaire. C’est une bonne nouvelle qui viendra renforcer localement notre approche humaine, bien que dans le même temps, des annonces du gouvernement affaiblissent les services publiques dans nos territoires.

Quelques mots enfin sur la création du comité d’éthique qui aura notamment pour objectifs de contrôler l’activité des caméras, le respect du droit à l’image ou encore de donner son avis sur les secteurs vidéo-surveillés. C’est un dispositif intéressant car il réunira différents regards, différents opinions avec des personnalités qualifiés, des élus, des associations et des citoyens. Rappelons qu'un outil sans éthique augmente les risques de dérive liberticide. C’est pourquoi nous déplorons que cet outil de contrôle ne soit pas prévu au niveau de la métropole puisque la vidéo-surveillance dont le CSU, sera mutualisée entre quatre communes de l'agglomération, et peut-être bientôt davantage.

Sans surprise, les groupes écologiste et citoyen et UDB voteront contre la mise en place de la vidéosurveillance à Nantes.

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