Accueil Actualités Budget 2019 de Nantes Métropole : un devoir d’agir pour répondre plus encore aux urgences climatiques, sociales et démocratiques – Intervention de Julie Laernoes

Budget 2019 de Nantes Métropole : un devoir d’agir pour répondre plus encore aux urgences climatiques, sociales et démocratiques – Intervention de Julie Laernoes

 

Cet après-midi à 14h, des lycéens vont manifester pour le climat.

Cette mobilisation fait suite à une vague de manifestations partie de la Suède : « puisque nous n'avons pas d'avenir ,à quoi bon ? », disent les jeunes.

Nous avons aussi eu l'occasion d'écouter un jeune diplômé de l’Ecole Centrale de Nantes, avec d'autres diplômés, qui refuse de travailler dans une économie basée sur les énergies fossiles, qui va obérer leur avenir.

Tous ces appels, nous les partageons. Ils doivent nous interpeller, nous interroger, nous pousser à faire totalement différemment. A renverser la table ou inverser les choses.

Hier j'étais à une rencontre sur l'intégration des politiques énergétiques dans les budgets communaux. Il est essentiel de se pencher sur cette question. Les collectivités sont à l'origine de 70% des investissements publics. Nos choix et la réorientation de nos finances ont donc un poids de taille pour calculer avec beaucoup de précision les mesures à prendre pour rester sous la barre des 1,5 degrés.

L'institute for climate economics, un think tank de la Caisse des dépôts et de l'Agence française du développement nous donnait les chiffres :

En 2017, en France, 41 milliards ont été investis dans le bas-carbone :

On le retrouve dans notre budget rénovation énergétique, dans les transports, les aménagements piétons et cyclables, dans les énergies renouvelables.

Il faudrait 10 à 30 milliards de plus par an pour atteindre les objectifs fixés dans la stratégie nationale bas-carbone.

En 2017 toujours, la France a investi dans les énergies marrons au moins 70 milliards.

Alors aujourd'hui quelle couleur à notre budget? De plus en plus vert, c’est certain, puisque plus de 59% de nos dépenses concourent à la transition écologique.

D'ailleurs le sondage que vous avez choisi de rendre public, Madame la Présidente, je le salue, confirme cette demande et ce souhait de la population de plus d'écologie.

Dans la déclinaison concrète du budget,

ce sont 100 millions supplémentaires sur la rénovation thermique énergétique des bâtiments avec Mon projet Rénov' avec 50.000 euros, avec  la rénovation des copropriétés avec 4 millions d'euros et 5 millions d'euros pour le soutient au parc social. Et le déploiement des énergies renouvelables avec le MIN.

Puisque notre objectif concret, c’est bien de réduire de manière drastique la consommation énergétique de notre territoire.

Les financement sont répartis à part égale entre ménages, entreprises et secteur public. Sur le logement concrètement, les collectivités mettent au pot mais aussi les ménages.

Ensuite sur les transports collectifs

C'est le point fort de l’action métropolitaine et l'ambition n'est pas retombée suite à l'adoption du Plan de Déplacements Urbains.

Les chiffres parlent d'eux-mêmes: 

Avec notamment : l’acquisition de e-busway pour 38,9M€, la Connexion L1/L2, l'étude pour la desserte de l'île de Nantes

Nous franchissons également une nouvelle étape avec le développement des P+R et les initiatives sur le covoiturage et le télétravail.

Sur le vélo, je suis obligée et cela ne vous étonnera pas, de tirer la sonnette d'alarme. Il nous faut être plus volontaristes, que les 10 millions engagés.

Les pistes cyclables sont déjà saturées, notamment sur la commune de Rezé.

il faut mettre les moyens en face des ambitions que nous nourrissons.

Et enfin, il est nécessaire d'arrêter des décisions contradictoires notamment les parkings en centre-ville.

Une étude de Novetic explique concrètement ce que ça veut dire de rester en dessous des 1,5 degrés de hausse des températures.

C’est notamment diviser par 2 les trajets en voitures, multiplier par 2 les TC et par 6 le vélo

Sur l’aérien, on salue l'interdiction des vols de nuit. Sur ce secteur, c'est - 72% des vols. Comment faire ? Par exemple en supprimant tous les vols qui peuvent se faire en train en moins de 4h.

Des choses très concrètes.

Sur la consommation énergétique, cela nous engage également à réduire la publicité. Notre contrat avec Decaux devrait nous engager à le renégocier.

Ou encore à limiter à 1kg de vêtement neuf/an, relocaliser la production...

Sur la politique des déchets : on doit franchir un cap, tout le monde est prêt :  les habitants, les acteurs de l'ESS, aussi les grands opérateurs. Des stratégies ont été adoptées, les choses sont claires maintenant. Il est donc de notre responsabilité de mettre les moyens nécessaire en face pour passer ce cap.

Mais c'est aussi s'occuper de la solidarité.

Et pour cela nous ne pouvons laisser personne au bord de la route. Certes le chômage est plus bas que la moyenne nationale sur l’ensemble de notre territoire, quand il est 3 fois plus élevé sur les quartiers d’habitat social.

Nous devons apporter des réponses concrètes à celles et ceux qui n'arrivent pas à finir le mois.

Nous avons une responsabilité : celle de mettre à l’abri tous ceux et toutes celles qui momentanément ou durablement vivent sur notre territoire .

Je veux parler notamment de la mise à l'abri des exilé.e.s.

Nous avons vécu avec l'évacuation du square Daviais, une situation une crise humanitaire grave et importante qui nous anime tous collectivement.

Nous réitérons notre proposition de consacrer 1 % de notre budget de fonctionnement à cette mise à l’abri de tous.

Je rappelle d'ailleurs que nous avons tous voté notre Plan Climat dans lequel nous avons intégré la question de l'accueil des populations migrantes.

Ce volontarisme, ces valeurs que nous partageons il faut que nous les mettions rapidement en action.

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