Accueil Actualités Pour un accueil inconditionnel des migrants du square Daviais et ceux qui continueront à arriver – Intervention de Julie Laernoes

Pour un accueil inconditionnel des migrants du square Daviais et ceux qui continueront à arriver – Intervention de Julie Laernoes

 

***

Cette délibération n’est pas une délibération comme les autres.

La ville sort de ses compétences et elle a raison de le faire face à une Europe et un Etat Français totalement défaillant sur l’accueil des migrants.

Alors oui, nous partageons toutes et tous un sentiment de colère et d’indignation lorsque nous voyons le traitement que nous réservons à ses personnes qui ont chacun pour des raisons différentes risqué leur vie pour atteindre notre continent, notre pays, notre ville.

Car quand l’Etat dit qu’il ne PEUT pas accueillir tous ces migrants, la réalité est bien autre. C’est qu’il ne VEUT pas les accueillir. Y-a-t-il moins de personnes qui rejoignent la France pour autan t? Non! Est-ce une politique efficace? Non !

Ce sentiment d’indignation et de colère est encore plus fort lorsqu’on observe les raisons qui amènent ces migrations. On le voit aujourd’hui concrètement sur les migrants de Daviais. Originaire du Soudan, d’Erythrée, ils vivent dans des territoires où le réchauffement climatique fait déjà des ravages. Le rapport du GIEC ( experts climat) est sans appel.

Chaque tonne de CO2 émise ici, tue là-bas.

Alors allons nous ériger des barbelés autour de nos territoires pour tenter d’en couper l’accès? Ou les traquer jours et nuit parce qu’ils sont à la rue? Est-ce là notre modèle d’adaptation?

De plus ces migrations peuvent être une chance. Une chance économique et une richesse culturelle.

Alors oui, cette colère, cette indignation, il faut la transformer en action. Une action forte, concrète et tangible. Agissons, coopérons, anticipons… pour prévenir et éviter de nouveaux drames. Engageons la transition écologique et accueillons dignement. Les citoyens, les ONG, les associations, les syndicats, les écologistes sont mobilisés. Chacun peut prendre part à ces combats politiques et citoyens. Et c’est là une lueur d’espoir. Celle de voir que cela ne se passe pas dans l’indifférence. Que nous sommes nombreux/ses à ne pas baisser les bras et à ne pas céder à la résignation.

Aujourd’hui, nous saluons bien évidement la délibération proposée.

Nous saluons la mise à l’abri des plus de 700 migrants qui campaient au coeur de notre ville. Un accueil inconditionnel indispensable. Il n’y a pas des mauvais migrants d’un côté venu soit-disant “profiter” de notre système et les bons réfugiés venant de pays en guerre. Chaque individu a son propre parcours, ses propres raisons d’avoir tout laissé derrière lui. Il est de notre devoir de les accueillir dignement. Qui laisse tout, sa culture, sa langue, ses habitudes pour se projeter vers l’inconnu au péril de sa vie?

Le budget conséquent mis par la ville de Nantes représente moins de 1% de son budget global pour venir abonder celui du CCAS. Cette fois la ville de Nantes va tout prendre en charge pour les personnes du square Daviais, en maintenant la pression sur l'Etat, en lui présentant la facture.

Il est urgent que chaque territoire se mouille, agisse en proposant des lieux et en contribuant à l’effort nantais.

Comme il est crucial de continuer à faire pression sur l’Europe, sur l’Etat pour que cela bouge. C’est la raison pour laquelle Nantes comme Grenoble, Grande Synthe … , etc. se sont rassemblés au sein d’un réseau pour faire face à cette situation inédite : plus de migrants et une restriction des places d’accueil !

Cette étape est donc une première étape. Une étape importante qu’il faut réussir. Une étape courageuse. Dans un Etat qui tend à criminaliser et traquer celles et ceux qui viennent en aide au migrants, comme Cédric Herrou. Un Etat qui remet en cause l’action des Maires souvent courageuse qui va à l’encontre des directives étatiques à l’instar de Damien Carême, Maire de Grande-Synthe et qui était avec nous cette semaine.

On sait aujourd’hui que nous aurons entre 200 millions et 1 milliard de réfugiés climatiques dans 30 ans. « Pas dans 5 siècles !! », comme le dit l’astrophysicien, Aurélien Barrau. « Nous sommes donc en train de décider de léguer à nos enfants un monde en guerre.

Il nous faudra donc aller plus loin, continuer à agir ensemble. Lutter contre l’épuisement des bénévoles associatifs qui agissent sans relâche pour trouver des solutions à des situations dramatiques. Engager et dédier une ligne budgétaire au niveau de la métropole. 1% de notre budget métropolitain représenterait 10 millions d’euros. C’est possible. Ensemble nous pouvons le faire pour réellement agir avec humanité avec celles et ceux qui sont et continueront à arriver sur notre territoire ! A la veille de la trêve hivernale, unissons toutes nos forces pour que personne ne dorme à la rue.

Laisser un commentaire